J’essaie de comprendre comment reconstruire la cavité nasale après une turbinectomie inférieure et à quel endroit ajouter du volume en priorité.
Certains ORL pensent que la tête des cornets est la partie la plus importante, car c’est là qu’il est le plus facile d’ajouter de la résistance. Ils pensent souvent aussi que la résistance nasale est le paramètre le plus important dans le SNV.
Dans cette étude, le Dr Nayak et d’autres chercheurs et médecins prouvent qu’il est possible de réduire considérablement les symptômes de l’SNV sans ajouter de résistance. Ils ont implanté du cartilage dans le méat inférieur (à l’emplacement du cornet inférieur) et ont constaté, grâce à la CFD, que le flux d’air était mieux redistribué entre le méat moyen et le méat inférieur.
Cette autre étude montre qu’en l’absence de cornet inférieur, la majeure partie du flux d’air est redirigée vers le cornet moyen, en comparaison avec des sujets sains. Les chercheurs ont également trouvé une corrélation entre la contrainte de cisaillement pariétale maximale dans le méat inférieur et la sensation de circulation de l’air. La contrainte de cisaillement pariétale maximale correspond à la quantité de frottement de l’air sur la muqueuse.

Que peut-on dire avec toutes ces données ? Je pense qu’il est inutile, voire potentiellement nocif, d’ajouter simplement du volume au début de la cavité nasale (la tête des cornets), car cela augmentera la contrainte de cisaillement pariétale uniquement au début de la cavité nasale et non sur toute sa longueur. Cela ne résoudra pas non plus le problème de redistribution du flux d’air. Sans ajouter du volume tout le long du méat inférieur, le flux d’air restera dans le méat moyen et la sensation restera mauvaise.
La solution consiste à reconstruire la cavité nasale comme avant la turbinectomie, avec la même répartition du volume. Il peut s’agir d’ajouter du volume au cornet inférieur restant, si cela est possible, ou d’ajouter du cartilage sur la paroi latérale. Mais vous l’aurez compris : il est très important d’ajouter du volume non pas seulement au début de la cavité nasale, mais tout le long, comme dans un nez sain. Sur le graphique ci-dessous, on voit qu’un nez sain présente une aire de section transversale stable tout au long de la cavité nasale, mais ce n’est évidemment pas le cas après une turbinectomie inférieure. La reconstruction de la cavité nasale doit tendre vers ces valeurs.

